Adeline Bats

Depuis fin 2024, Adeline Bats est chargée de recherche au CNRS (ArScAn-HASAÉ, Nanterre). En tant qu’archéologue et historienne, elle s'intéresse au rôle de l’alimentation dans les sociétés, celles pour lesquelles la sécurité alimentaire n’est pas garantie par des moyens modernes. Son objectif est d’étudier la nourriture à travers la manière dont on la conserve et on la consomme. Elle pense, en effet, que la nécessité d’accès à l’alimentation conditionne fortement les techniques, les usages et l’organisation des sociétés.

Adeline s'intéresse également à l’organisation sociale de la production et aux mécanismes économiques liés à la céréaliculture, en démontrant que celle-ci était aussi créatrice de richesses à l’origine d’une différenciation sociale.

Faits marquants

2024 : Chargée de recherche au CNRS
2019 : Thèse de doctorat
 

ouvrages et Édition articles et actes de colloques 


Le stockage en Égypte et au Soudan anciens

Adeline Bats consacre essentiellement ses recherches post-doctorales à l’étude du stockage alimentaire dans le nord de la vallée du Nil (Égypte et Soudan). Pour cela, elle a créé le Groupe de travail sur le Stockage en Égypte et au Soudan anciens, avec Nadia Licitra (CRAterre/AE&CC/ENSAG/UGA), dans le but de favoriser les échanges entre tous les spécialistes qui s’intéressent à l’archéologie et à l’histoire du stockage. Les objectifs sont de mener une recherche collaborative, en partageant les derniers résultats des fouilles archéologiques, d’uniformiser l’enregistrement des données grâce à la création d’une méthode commune et de diffuser l’avancée des recherches dans ce domaine.

En septembre 2023, elle a intégré le laboratoire ARCAN, dans le cadre du projet FNS STORinJAR. Storing food in Ceramics. Multiscalar and interdisciplinary analysis of storage jars used in the lower Nile Valley (Egypt and Sudan) during the Early and Middle Bronze Age. Elle a conçu ce projet pour appréhender tous les aspects du stockage alimentaire dans les sociétés de l’âge du Bronze situées dans le nord de la vallée du Nil. Pour cela, elle considère l’entreposage et la conservation des denrées comme des processus anthropiques complexes qui concernent à la fois l’histoire des techniques, l’histoire économique et sociale et l’agroalimentaire.
 

Archéologie expérimentale

Dans le cadre de ses recherches, elle a régulièrement recours à l’archéologie expérimentale, en collaboration avec différents spécialistes, des artisans et des membres de la transition écologique. Son objectif est de restituer les chaînes opératoires, les gestes et les techniques afin de fournir une base solide à l’étude des vestiges archéologique et à la formalisation d’une analyse socio-économique. Elle enseigne cette méthode à l’Université de Genève, lors de séminaires et de stages pratiques.

Recherche sur le terrain

Dès le début de son doctorat, Adeline a intégré les chantiers archéologiques égyptiens d’Ayn Soukhna et du ouadi el-Jarf situés sur les rives de la mer Rouge. Ces deux missions sont menées sour l'égide de l'IFAO.

Tessonnier Kerma

En 2023, la Mission a confié à Adeline la réalisation de l'inventaire détaillé du tessonnier de céramique provenant de Kerma, déposé à l'Université de Genève.



Prix et distinctions

Prix et distinctions

2021
Prix « Jeune Chercheur » de la Fondation des Treilles 
Décerné pour soutenir et récompenser le projet de recherche La conservation des céréales en Égypte durant l’époque pharaonique. Étude architecturale et fonctionnelle des silos construits en briques crues.

2015
Bourse Jacques Vandier 
Bourse doctorale décernée par l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.


Études

Après avoir accompli une licence d'histoire de l'art et d'archéologie (université Paris Nanterre - La Défense, 2008), poui une licence d'histoire (Sorbonne Université, 2009), Adeline Bats a réalisé un Master d’histoire ancienne (Sorbonne Université) en égyptologie. Son mémoire, intitulé L’organisation administrative du milieu rural au Moyen Empire, a été rédigé sous la direction de Dominique Valbelle et de Nathalie Favry. 

Elle s'est par la suite engagée dans une recherche doctorale en égyptologie, sous la direction conjointe de Pierre Tallet (Sorbonne Université) et Juan Carlos Moreno García (CNRS, UMR 8167). Sa thèse, défendue le 17 décembre 2019, portait sur le sujet des céréales alimentaires en Égypte au Moyen Empire, dans une optique d’histoire technique et économique. Pour ce travail, elle a envisagé son sujet selon une méthodologie pluridisciplinaire en traitant toutes les sources disponibles, qu’il s’agisse de textes, d’iconographies, ou encore de données archéologiques, dont certaines étaient inédites. Afin d’étudier et d’intégrer au mieux ce matériel dans des chaînes opératoires, elle a été formée à l’étude de la céramique égyptienne et elle a eu recours à l’archéologie expérimentale. Elle a ainsi pu proposer une analyse technique du processus de production, du traitement et de la transformation des céréales.