L’appropriation de leur passé par les soudanais
Par Charles Bonnet
« L’appropriation de leur passé par les Soudanais s’est tout d’abord manifestée dans le rapport permanent que nous avons, dans le cadre de missions suisses et franco-soudanaises avec les inspecteurs du service des Antiquités soudanais et le conservateur du musée de Kerma. Notre rôle et notre responsabilité sont d’essayer d’expliquer à ces spécialistes et responsables l’intérêt de leur patrimoine et la manière de le mettre en valeur, en fait de comprendre les hommes qui les ont précédés. C’est une tâche parfois ardue, car nous avons nous-mêmes notre propre conception de ce métier et de la documentation. Les Soudanais ont une autre culture, qui rend difficiles les comparaisons et nos collaborations.
Mais la profonde amitié qui s’est tissée a très vite amélioré nos relations. Du point de vue de la formation, nous avons fait le maximum pour que le directeur des Antiquités passe sa thèse à Lille. J’étais membre du comité du jury de cette thèse. L’une des personnes les plus savantes actuellement sur l’archéologie soudanaise est Salah edin Mohamed Ahmed, ce même directeur des Antiquités, aujourd’hui impliqué dans le projet du Qatar, pays qui a donné une somme considérable pour mettre en valeur, protéger et étudier le patrimoine soudanais. Il s’agit là de la poursuite de notre action de terrain. Des inspecteurs des Antiquités soudanaises sont actuellement en France, en Italie, aux États-Unis et en Angleterre. C’est un premier contact entre les pays occidentaux et le Soudan. »